04 juillet 2007

Qui veut détruire le Liban?

Il y a un an, la guerre de 30 jours d'Israel contre le Liban touchait à sa fin.
La reconstruction progresse. Mais il y a paralysie, stagnation, dans le monde politique du pays.
Toutefois, le "miracle" d'une cohésion durable entre les 18 grandes et petites communautés ethniques et religieuses, se maintient, malgré la discussion irrésolue sur la recomposition du gouvernement, malgré les manoeuvres subversives et divisives venant de l'extérieur.

L'Europe a beaucoup à perdre si le Liban s'effondre
La cohésion fragile du pays représente, en principe, l'alternative démocratique au Moyen-Orient, tant souhaitée par l'Occident. Sincèrement par l'Union Européenne, qui est si proche et si semblable de composition. Moins sincèrement par les États-Unis de Bush, qui préfèreraient un Liban tête de pont contre la Syrie.
Malheureusement, la sincérité de l'UE ne se traduit que faiblement. Par rapport aux intérêts majeurs de l'Europe à protéger et à stimuler le processus démocratique au pays, son engagement reste insuffisant.
La publication d'un livre plein d'analyses et d'informations par la présidente de la commission du Parlement Européen, en avril de cette année, pourrait provoquer des changements positifs en France et en Europe.
<- Béatrice Patrie (PSE)


Citation du journal "La Croix", empruntée au site web (PSE) de Béatrice Patrie (12.04.2007):

Béatrice Patrie, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature et actuelle dépu­tée européenne, et Emmanuel Español, historien et spécialiste du Proche-Orient au Parlement européen, partagent la même indignation pour cette guerre de juillet. Ils l'ont disséquée d'un point de vue factuel et politique dans Qui veut détruire le Liban ? , afin qu'il n'y ait aucun doute sur les causes et les responsabilités des uns et des autres.

Ils dénoncent une « guerre préméditée » et cet acharnement à détruire le Liban «au moment où il avait gagné trois batailles :
  • celle de la souveraineté, avec le départ des Syriens,
  • celle de l'organisation d'élections aboutissant à l'alternance politique
  • et enfin le décollage éco­nomique.
Tout cela a été détruit de façon systématique le 12 juillet. » Et de poser cette question : « Ce pays multiconfessionnel, démocratique, souverain, peuplé de 18 communau­tés, est-il supportable pour Israël? »
Ils pointent aussi le manque de volonté politique de l'Union européenne et les clivages qui di­visent ses membres dès qu'il s'agit du Proche-Orient. Et n'éludent pas pour autant les failles du système libanais : « Tant que perdureront les déséquilibres territoriaux et sociaux, tant qu'il n'y aura pas d'État pour assurer un minimum à ses citoyens, le repli communautaire s'accen­tuera. »
Leur analyse bouscule pas mal d'idées reçues, notam­ment sur le Hezbollah, trop souvent considéré seulement comme une organisation terroriste, alors qu'il est une « véritable expression politique et sociale de plus de 30 % de la population libanaise » , ou sur l'accord entre ce « parti de Dieu » et le courant du général chrétien Michel Aoun, signé en février 2006. Alors que, le 12 juillet, il y aura un an que la guerre a éclaté, ce livre pose les défis d'aujourd'hui.


AGNÈS ROTIVEL
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